20/04/2008

CONSTANT VANDEN STOCK !

Bonjour à tous !

Il a amené le R.S.C. Anderlecht dans le Top 10 du football européen !

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Déçu de ne pas avoir réalisé le transfert de Wilfried Van Moer à Bruges, opération pour laquelle il était disposé à mettre deux millions de sa poche (le Club en offrait 4,3, et il partit finalement pour 6,9 au Standard), Constant Vanden Stock fut, cette fois, accueilli les bras ouverts dans le club de ses débuts.

C'est que la situation financière y était catastrophique, et Anderlecht était même en cessation de paiement vis-à-vis de ses joueurs. Deux hommes d'affaires avaient été pressentis pour renflouer le club : Jacques Lamote, un assureur international que l'on vit à l'Olympic, mais qui exigeait d'être remboursé en... dollars, et Constant Vanden Stock, qui n'avait pas cette exigence, et s'amenait avec un premier chèque de 450.000 francs pour parer au plus pressé.

Un véritable âge d'or

En moins de deux ans, il s'octroya les pleins pouvoirs et, progressivement, plaça des hommes à lui, de la famille ou de la brasserie, aux commandes du club. Il n'allait pas tarder, non plus, à aller chercher, à Molenbeek, Michel Verschueren, qui allait devenir son bras droit dans la gestion quotidienne du club. C'est peu dire que le Sporting connut un véritable âge d'or sous son règne, malgré certaines tempêtes, et non des moindres, comme l'affaire Bellemans et celle des maîtres chanteurs de Nottingham Forest. Au cours de son quart de siècle de présidence, Anderlecht s'est retrouvé en demi-finale de compétitions européennes tous les deux ans en moyenne : deux Supercoupes européennes, trois victoires en Coupe d'Europe, sept finales européennes, neuf demi-finales, dix titres nationaux, sept Coupes de Belgique, des qualifications au détriment de l'Inter, de la Juventus, de la Fiorentina, de Naples, d'Hambourg, du Bayern Munich, du Werder Brême, du Borussia Dortmund, de Porto, Benfica, de Liverpool, de Newcastle, de West Ham, de Barcelone, de Valence, de l'Étoile Rouge, de l'Olympiakos, etc, etc.

Ses danseuses...

"Quand je suis arrivé, le trou était de plus de 25 millions. Les autres dirigeants voulaient vendre les meilleurs joueurs, mais je m'y suis opposé. Que peut faire un club ambitieux s'il perd ses meilleurs éléments ? J'ai toujours considéré que le potentiel joueurs devait être ma priorité, et, parmi ces joueurs, la priorité à ceux qui donnent du spectacle. Van Himst, Mulder, Rensenbrink, Coeck, Lozano, Vercauteren, Scifo étaient de ceux-là."

Plusieurs d'entre eux, et certainement Robbie Rensenbrink, assurément le meilleur transfert de l'histoire du Sporting, étaient partiellement rétribués sur la cassette personnelle du président :" Certains patrons entretiennent des danseuses, moi, mes danseuses, ce sont mes footballeurs" , dit-il un jour.

Un stade à son nom

Tout le problème était de préserver le potentiel joueur sans négliger la structure. Constant Vanden Stock comprit avant les autres, en Belgique en tout cas, le parti qu'un club prestigieux pouvait tirer, financièrement, de sa réputation, grâce aux loges et aux business seats qui n'étai-ent, à l'époque, que l'apanage d'Aston Villa et du Cosmos New-York, où le Sporting venait de se produire dans le cadre du transfert de François Vander Elst. Cette vision des choses a permis de financer totalement l'érection d'un stade ultramoderne qui allait porter son nom. C'était, en quelque sorte, son bâton de maréchal : "Ma grande fierté, c'est d'avoir totalement autofinancé le stade, sans un franc d'argent public ou des banques."

Pas de pub sur les maillots

Un peu dans ce même ordre d'idées, Constant Vanden Stock était fortement opposé à la publicité sur les maillots :" J'étais révolté à l'idée de voir les joueurs se produire dans un accoutrement carnavalesque. Après un an de fronde, j'ai cependant dû céder."

Son plus mauvais souvenir, par contre, ce fut l'affaire Bellemans : "C'est vrai, nous avons payé certains transferts au noir, mais la seule raison, c'est que si nous n'avions pas agi ainsi, nous aurions totalement perdu notre position sur la scène européenne. Cela n'autorisait pas à nous traiter comme des criminels. Nous avons sorti plus de quarante millions pour régler les arriérés des joueurs, ce que nous n'étions absolument pas obligés de faire, mais je mettais un point d'honneur à les protéger. C'était une catastrophe financière énorme, mais, apparemment, les intéressés ont trouvé cela tout à fait normal, car j'attends toujours le premier mot de remerciement de leur part nous confia t'il un jour.

C'était Le Monsieur du football belge...

C'était le dernier dinosaure du football belge. Un géant, qui a bouleversé toutes les données, bousculé toutes les hiérarchies, foulé au pied les conceptions d'un autre âge, insufflé un souffle nouveau, sorti le football belge de la préhistoire pour l'immerger dans le troisième millénaire.

On peut compter sur les doigts d'une main les dirigeants belges de ce format. Il y eut bien José Crahay et Eugène Steppé, qui furent les pionniers de la Coupe d'Europe et des dirigeants appréciés dans le monde entier, il y eut Roger Petit et Albert Roosens, qui introduisirent le professionnalisme dans le football belge, mais on serait bien en peine de citer d'autres patrons de cette dimension. Ce qui fait la spécificité de Constant Vanden Stock, c'est qu'il fut, à la fois, un immense connaisseur de football, qu'il a d'ailleurs pratiqué au plus haut niveau, un capitaine d'entreprise hors pair, mais, aussi, un vrai mécène.

Le football a toujours été sa seule passion, et, loin de lui rapporter, le ballon lui a coûté beaucoup d'argent. C'était sa danseuse, sa maîtresse, à laquelle il est resté fidèle presque jusqu'au dernier jour, et qu'il a aimée passionnément durant toute sa vie. C'est ce qui le différencie d'un patron comme John Cordier, un autre homme d'affaires exceptionnel, qui a réussi, dans le football, un exploit mémorable, et même unique (amener le FC Malinois de la D2 au titre européen), mais ce ne fut qu'un one-shot et il se retira rapidement du monde du ballon, après avoir pris ses plus-values sur les joueurs qu'il amena au sommet.

Les vrais mécènes sont rares, voire rarissimes, et, surtout, ils ne durent jamais longtemps. Quand le foot a cessé de les amuser, la plupart changent généralement de jouet et de sujet. Constant Vanden Stock est parti de rien pour fonder l'empire de la gueuze, ce qui l'a rendu immensément riche et lui a permis, après avoir donné l'imput nécessaire à l'équipe nationale, dont il fut le premier sélectionneur unique, et donc seul patron, d'amener son club au sommet. Mais il ne suffit évidemment pas d'être riche pour réussir, tant d'autres l'ont appris à leurs dépens, il faut encore avoir la connaissance et le feeling, il faut s'investir personnellement, sentir les joueurs, savoir leur parler, connaître le modus operandi des managers, bref, il faut être de la maison. Unitariste convaincu, grand patriote, il a toujours usé de son énorme influence pour maintenir l'unité de la Fédération, dont il était bien plus qu'un simple vice-président.

Officiellement retiré des affaires, il conserva, longtemps après sa retraite, cette aura qui lui permettait d'encore tout contrôler sans pratiquement plus se montrer, de corriger les erreurs de ses héritiers quand c'était nécessaire. Sa carrière ne fut pas, pour autant, un long fleuve tranquille, et l'affaire de Nottingham et des maîtres chanteurs a fortement secoué le lanterneau du football belge. Il n'en demeure pas moins qu'à l'heure du bilan, on peut se demander si les cimetières ne sont finalement pas réellement peuplés de certaines personnalités irremplaçables...

Christian Hubert.

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Ciao, ciao !

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